Réforme des aides à la presse : enfin, un soutien à la création !

La politique d’aide à la presse de l’État a confondu trop longtemps soutien au pluralisme et soutien aux titres de presse déjà existants. Le Spiil se félicite du changement de vision perceptible dans la réforme des aides à la presse présentée hier par la ministre de la Culture et de la Communication. C’est ainsi « 50 à 70 millions d’euros » d’aides postales qui seront réorientés vers de nouvelles priorités, l’aide à l’émergence et à l’innovation.

Pour la première fois, des aides publiques vont encourager l’entrepreneuriat de presse. Des mécanismes dédiés seront mis en place pour répondre aux besoins spécifiques des premières années de la vie d’une entreprise de presse, au travers d’un fonds d’aide à la création de médias.

Le Spiil se réjouit également du soutien nouveau à la création d’incubateurs dédiés à la presse. Il manque à la presse des lieux emblématiques où puisse s’exprimer l’inventivité de notre écosystème, qui permettent de rompre l’isolement des entrepreneurs et qui renforcent l’attractivité d’une filière presse numérique.

Le Spiil accueille enfin avec satisfaction l’annonce d’un renforcement du Fonds stratégique pour le développement de la presse vers le soutien à l’innovation et son élargissement à la presse de la connaissance et du savoir.

Cependant, les aides à la presse resteront, même après cette réforme, largement déséquilibrées. La réforme proposée ne remet pas fondamentalement en cause un système où la préservation du papier et une seule catégorie de presse, l’information politique et générale (IPG), concentrent l’essentiel des aides :

  • Ainsi, l’aide aux titres à faibles ressources publicitaires, qui est élargie à l’ensemble des périodicités, exclut les titres de presse en ligne – alors que les revenus publicitaires sont encore plus difficiles à générer en ligne qu’en papier ! Si, comme l’a dit la ministre, “la démocratie n’a pas de périodicité”, elle n’a pas non plus de support. Les annonces judiciaires et légales restent également réservées aux titres papier.
  • La réforme ne modifie pas le principe de discriminations fondées sur la nature de titres de presse (IPG, presse du savoir et de la connaissance, presse récréative), qui n’ont plus de sens dans un univers numérique où la concurrence se fait entre des articles et où l’innovation émane d’une variété d’acteurs.

En effet, comme le montre le panorama inédit des aides à la presse publié par le Spiil :

  • Les aides directes (137m€) sont largement réservées au papier et à l’IPG.
  • Les aides indirectes (971m€) sont également discriminantes.
  • Le montant global des aides représente une part substantielle du chiffre d’affaires du secteur.

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